Retraites : un texte très largement améliorable

Mercredi 30 juin, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale examinait le projet de réforme des retraites, en présence de Georges TRON, secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique.

J’y suis intervenu au nom des employeurs territoriaux proches de la droite et du centre, en estimant que la réforme est nécessaire et urgente pour sauver le régime par répartition, et le report à 62 ans de l’âge légal de la retraite semble inévitable. Nous avons donc apporté un avis favorable au texte.

Pour autant, on peut regretter l’assimilation trop rapide des fonctionnaires, notamment territoriaux, à des privilégiés, une image que véhiculent souvent certains responsables politiques et reprise par les médias.

Les élus locaux connaissent bien les agents qui travaillent dans nos collectivités. Non, les fonctionnaires territoriaux ne sont absolument pas des privilégiés. La fonction publique territoriale et une fonction publique de production de service. Les salaires y sont très modérés et les pensions également, en moyenne de l’ordre de 25 à 30% inférieures à celle des fonctionnaires d’Etat. Les agents territoriaux, en grande majorité de catégorie C et avec une très forte proportion de femmes, sont très investis dans leurs missions car proches du terrain et des usagers. Il en résulte des situations de stress croissantes avec l’âge. Le projet de loi n’en tient pas suffisamment compte.

Si le texte évoque en effet les questions de pénibilité résultant d’une difficulté physique, il passe sous silence le fait que certains métiers ne sont parfois plus exerçables par des agents ayant atteint un certain âge. Ce peut être pour des raisons physiques, ou psychologiques. Il faut donc élargir la notion de « pénibilité ». L’idée est de proposer une réflexion autour de la « deuxième carrière ». Il s‘agirait de permettre aux agents d’entamer une nouvelle carrière à partir d’un certain âge, pour pouvoir continuer à travailler jusqu’à l’âge requis, mais dans un contexte différent. Cela suppose un assouplissement des passages entre filières, ce qui n’est pas aujourd’hui prévu. Cela suppose aussi des actions de formation engagées bien avant le passage en question. Sur ce dossier, comme sur celui de la situation des femmes ayant élevé des enfants, des améliorations notables sont possibles.

Au Parlement de s’en saisir pour améliorer le texte, qui contient encore de grandes possibilités d’amélioration.