Rentrée des classes : émotion intacte, inquiétude croissante

Jeudi 2 septembre, demain, rentrée des classes. Pour la plupart des Français, un jour important, peut-être le plus important de l’année. Pour le maire que je suis, aussi. La vie des écoles, des collèges et des lycées structure la vie des familles, leur calendrier de toute l’année.

Elle organise aussi la vie des communes, tant l’école et les enfants tiennent une place majeure dans les priorités des élus locaux, toutes tendances confondues. Je ne connais pas beaucoup de maires qui ne soient pas présents dans les écoles le jour de la rentrée ! C’est pour moi – il est vrai que j’ai été adjoint en charge de la Vie scolaire avant d’être maire … – un jour émouvant, agréable, plein de sens, auquel je me prépare – et auquel les services municipaux se préparent – très soigneusement.

Au-delà du vrai et simple bonheur de voir tous ces enfants heureux (pour la grande majorité) de se retrouver, de retrouver des lieux familiers dont ils sentent bien qu’ils resteront dans leur souvenir, de s’interroger sur le maître ou la maîtresse qui passera avec eux une année, je trouve dans cette journée le sens profond de mes responsabilités de maire : participer, faciliter, accompagner l’éducation des enfants et des jeunes. Rien n’est sans doute plus important, aujourd’hui comme hier. C’est par l’éducation (et par la culture), et par elles seules, que nous pourrons assurer la continuité de l’espèce humaine et, au-delà, son progrès dans des valeurs universelles de paix et de liberté. Je veux espérer que chacun, dans le rôle qu’il tient dans notre société, est totalement conscient de l’enjeu. J’en suis convaincu pour les élus, les services territoriaux y compris de l’Etat, les enseignants bien sûr. Mais je n’en suis pas certain pour d’autres, ceux qui tranchent et décident de tout, au nom de la rationalité et des ratios.

Voyons plutôt. Plus de médecin scolaire à Sceaux depuis trois ans. Pas d’assistante sociale dans les collèges et lycées de Sceaux depuis plus de dix ans, alors que la consommation de drogue et l’alcoolisme des jeunes progressent. Des jeunes livrés à eux-mêmes et à tous les trafics, dans la rue, aux abords des cités scolaires, car des textes idiots empêchent que l’on fume certes dans les bâtiments (ça, c’est normal), mais aussi dans les parcs et espaces ouverts dont nos établissements ont la chance d’être dotés. Résultat : à l’interclasse, des établissements vides et des jeunes envahissant les rues ! Absurde application de textes tout aussi absurdes, votés à la va-vite par des législateurs débordés et ayant perdu le sens du terrain. A Sceaux toujours, un centre d’information et d’orientation promis à disparaître, « avalé » par la RGPP.

Considérés isolément, chacune de ces informations peut sembler secondaire. Ensemble, elles dessinent peu à peu une image brouillée – chaque année un peu plus – de notre outil éducatif. L’éducation, une priorité ? Puisqu’on vous le dit …