L’engagement des maires : une absolue nécessité pour l’Europe !

Le 12 mai dernier, je signais, à l’hôtel de ville de Paris, en tant que maire de Sceaux et président de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe, la « Charte des maires et des élus de France pour la citoyenneté européenne ».

Par cette initiative, les signataires souhaitent solennellement rappeler l’esprit originel de la construction européenne et engager leur commune dans la promotion des élections européennes de 2019 et la mobilisation des électeurs à cette occasion.

Pour nous, pour l’AFCCRE fondée dès 1951 par les maires engagés, parmi lesquels Jacques CHABAN-DELMAS, Gaston DEFFERRE et Edouard HERRIOT, l’Europe n’est pas une obligation triste, sérieuse à laquelle il faut se soumettre, parce qu’on nous l’aurait imposé de quelque part. C’est au contraire une opportunité unique de promouvoir et de développer notre modèle de civilisation démocratique, humaniste et solidaire. Les questions d’organisation économique, qui dominent aujourd’hui, ne doivent rester que des outils au service de cette ambition universelle, et unique au monde.

Cette charte montre que la détermination de nombreux maires à construire l’Europe des citoyens, y compris face à une certaine passivité – voire une franche hostilité – parfois constaté chez les gouvernements centraux, ne faiblit pas. Face à la désaffection progressive de nos concitoyens pour les élections européennes, face à leur méfiance croissante vis à vis des institutions de l’Union, nous avons en effet la conviction qu’il faut aller au plus près de chacun d’entre eux, convaincre de l’enjeu d’une construction européenne des peuples et pas seulement des Etats, expliquer le rôle des institutions européennes et notamment du Parlement, trop souvent ignoré des grands médias, donner à voir le concret, sur le terrain, de ce que permet l’Union européenne.

Certes, nous connaissons tous les doutes, inquiétudes et déceptions exprimés par de nombreux citoyens. Néanmoins, comme l’a dit le président de la République Emmanuel MACRON, les évènements récents, tant à l’Ouest qu’à l’Est, sont autant de facteurs qui doivent inciter à renouveler la confiance en l’Europe.

Cela suppose que l’Union – et ses Etats membres – apportent des réponses à la hauteur des défis. Et les engagements que nous prenons ainsi, à notre niveau, sont tout aussi respectables que les grands discours souvent non suivis d’effets de nos dirigeants et doivent, eux aussi, être entendus au plus haut niveau et relayés le plus largement possible !

De ce point de vue, nous devons être vigilants. Car le futur cadre financier de l’Union, dont l’esquisse a été présentée il y a quelques jours par la Commission, nous inquiète vivement. Si nous pouvons nous réjouir du doublement du programme Erasmus, qui permet une imprégnation européenne forte des jeunes générations – élément majeur d’une plus grande intégration européenne -, nous marquons notre préoccupation de voir disparaître toute mention du programme de l’« Europe des citoyens », permettant précisément de contribuer au rapprochement et aux échanges entre citoyens eux-mêmes, sans le filtre trop technocratique des Etats et de leurs administrations centrales.

Et, surtout, nous nous interrogeons sur la diminution – estimée à 7% – du budget consacré à la politique de cohésion sociale et territoriale, qui traduit une perte d’ambition notable. Si elles devaient être validées par le Conseil et le Parlement européens, ces propositions auront un impact sur la capacité de l’Union à répondre aux objectifs européens communs et largement partagés par les citoyens : la lutte contre les changements climatiques, l’inclusion sociale, le développement économique… auxquels contribuent d’une façon déterminante les politiques mises en œuvre par nos collectivités locales, dans l’ensemble de nos pays.

Ceci est d’autant plus préjudiciable que la politique de cohésion se situe au cœur des compétences de l’Union, telles que définies dans les traités, et que, pour la première fois, la Commission propose de tenir compte, dans l’accès aux fonds, du respect de l’état de droit – ce que nous appelions de nos vœux et que nous saluons.

Les maires signataires de cette charte d’engagements pour promouvoir l’Europe des citoyens, appellent donc, pour les mois à venir, à une forte mobilisation afin que les Etats membres – et notamment le gouvernement français – et le Parlement européen apportent, à travers le futur cadre financier, des réponses audacieuses et ambitieuses aux défis de l’Union, qui soient comprises et partagées par l’ensemble des peuples, sur l’ensemble de nos territoires. Car l’Europe ne vivra réellement, dans le cœur des citoyens, que si elle vit dans chacun de nos territoires !

 

Charte des maires et élus de France pour la citoyenneté européenne

 

 

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